Ahhh, ce sommeil du bébé...

La question est complexe… et simple à la fois. Tout passe par une réelle compréhension des caractéristiques du sommeil du nourrisson par les adultes que sont ses parents.

Bouteille de Laudanum, un sédatif liquide contenant de l'alcool et de l'opium

Ça risque de vous choquer de l’apprendre… Mais au début du siècle… ceci était cautionné par la médecine du temps… et était utilisé pour « faire dormir » les bébés et les enfants… Il s’agit d’une bouteille de Laudanum, un sédatif antalgique contenant de l’alcool et de… l’opium (!!!).  Le pavot était utilisé depuis plus de 3000 ans déjà pour calmer les poussées dentaires, la diarrhée, et faire dormir les enfants. Évidemment, il  avait des décès causés par la substance… Aussi, beaucoup de gens ont entendu ces histoires à dormir debout d’une autre époque où des alcools forts étaient donnés aux bébés pour les faire dormir… Le besoin de sommeil semble parfois rendre fou…

Oui, le sommeil des nouveaux parents est souvent entrecoupé… Ainsi va la vie, on peut aménager certaines choses pour favoriser le sommeil, mais les parents n’ont pas vraiment d’autres choix que d’accepter ce que l’on ne peut pas nécessairement changer, surtout dans le cas d’un très jeune bébé. Le nourrisson a besoin de proximité… de se rassurer car il est dans un tout nouvel environnement… il a besoin de téter… Il a beaucoup de sommeil « léger-agité » dans la totalité de son sommeil… Un vêtement porté par la mère va souvent le rassurer, la proximité avec ses parents… le peau à peau. Ce que j’appelle le « comité d’accueil ». Voir les liens à la fin de cet article.

Au début du siècle, alors que les médecins commençaient à découvrir et prescrire l’utilisation de certaines drogues telles que l’opium et la cocaïne (oui oui, vous avez bien lu!), l’aberration allait jusqu’à donner des sirops composés d’opium aux bébés pour les faire dormir et soulager les poussées dentaires! Avec les effets mortels qui survenaient aussi. Ceci nous paraît incroyable de nos jours… mais pourtant cette époque a existé…

Il faut donc se méfier des recettes qui circulent pour « faire dormir bébé » coûte que coûte et des méthodes de « dressage au sommeil » qui traitent parfois l’enfant comme une « bête à dompter » puisqu’il ne fait pas complètement ses nuits ou ses siestes. Amener le bébé « de force » vers le sommeil en laissant pleurer longtemps et ne pas répondre à sa demande peut souvent induire un comportement anxieux et des peurs plus tard chez l’enfant, et la nécessité d’avoir recours à de la médication même, ce qui n’est donc pas une solution… Le bébé finit pas cesser de pleurer car il perd confiance et se sent abandonné, son comportement biologique de mammifère lui dicte de cesser de pleurer pour ne pas attirer de prédateurs vers lui puisqu’il n’est pas dans les bras de ses parents. Ceci dit, on peut favoriser le sommeil de l’enfant par des moyens respectueux de la nature humaine et notre biologie.  Vous verrez dans les liens référencés que tout est une question d’adaptation et de maturation de son système nerveux, notamment. Les rythmes finissent pas s’instaurer avec l’attention des parents, mais bien après les premiers mois de vie en général, et sans laisser le bébé s’époumoner… Le bébé ne se rend compte que vers 6-8 semaines des rythmes jour/nuit.

Rythmes spéciaux de sommeil pour la mère qui allaite

D’autres parts, pour la mère, les dernières semaines de grossesse sont une excellente pratique en matière de sommeil entrecoupé, car son sommeil est grandement altéré (position inconfortable si maintenue trop longtemps, vessie pleine, etc.). Ceci prépare à l’arrivée du bébé. Fait intéressant, le sommeil des mères qui allaitent a abondamment été étudié par  le Dr James McKenna, et le cerveau de la mère se synchronise sur celui du bébé grâce aux hormones de l’allaitement, et elle peut replonger dans un sommeil profond quasi instantanément après un réveil! Seule la mère qui allaite peut vivre cette caractéristique du sommeil. Cependant, il faut penser à aménager ce qui peut l’être.

Chers parents…: siestes dans la journée – un incontournable

Normalement, les siestes faites par la femme alors qu’elle est enceinte, devraient se poursuivre après la naissance du bébé. Beaucoup d’écrits ont été rédigés sur les bienfaits des « power naps » (siestes énergisantes), qui se résument à être des siestes de 10-20 minutes environ et qui offrent de grands bienfaits réparateurs lorsque l’on manque de sommeil. (On nous met toutefois en garde de ne PAS dépasser 30 minutes sous peine de se sentir désorientés et plus endormis qu’avant la sieste (ça nous est tous déjà arrivés, oui!), ce qui peut également altérer le sommeil de la nuit. En passant, on peut faire plus qu’une sieste énergisante dans la journée, voire deux ou trois, et il existe même des applications pour ordinateurs et téléphones portables pour vous aider à gérer vos siestes énergisantes! Voir aussi le dossier « sieste » sur le site de Passeport Santé).  Certaines femmes me disent avoir de la difficulté à faire la sieste. Évidemment, cela demande la capacité de s’arrêter, de lâcher prise sur le désir d’avoir la maison impeccable à tout moment…et votre souhait de faire toutes les tâches de la « liste » avant la fin de la journée. C’est à vous de lâcher prise avec sagesse sur ce qui est superficiel dans votre journée de nouvelle mère afin de donner de l’importance à votre santé, à ce qui compte réellement et qui est vraiment plus important que de passer le balai ou plier les vêtements de la dernière lessive. Soyez indulgente et bonne envers vous-même… et pensez à vous accorder ce temps de repos. Certaines femmes qui s’endorment moins facilement vont écouter de la musique de relaxation pour favoriser l’endormissement, ou bien vont prendre des respirations profondes tout en se concentrant sur les battements du cœur, etc.

Déjà, pensez peu à peu à amener le bébé dans sa chambre pour le moment des siestes, il s’habituera graduellement. Le bébé peut aussi commencer sa nujit dans son lit, et finir la nuit dans votre chambre. Les bébés enchaînent souvent leurs premières nuits vers 6 mois (6 heures d’affilée est une nuit de bébé)

À chaque moment de vie, et à chaque être, son sommeil et sa sieste!

Isabelle Cloutier IBCLC, consultante en lactation diplômée.

Sources:
Cet article ne remplace pas une consultation médicale.  Si vous avez des doutes au sujet de votre santé ou celle de votre enfant, consultez.

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