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Allaitement et travail: du projet à la réalité

Par Isabelle Cloutier IBCLC, consultante en lactation. Pour un rendez-vous ( à domicile ou à distance) isabelle.cloutier.ibclc@gmail.com +33 06.42.03.00.62

Ça y est, vous allaitez et arrive ce moment fatidique du retour au travail ou l’entrée à la garderie de votre bébé. Le projet « enfant » a été bien planifié, mais les deux pieds dedans, cela change la donne… Peut-être que vous vous remettez en question pour ce retour au travail… Prendre un congé prolongé? Pire, vous êtes vraiment déprimée, il faut envisager changer de cap, si c’est possible. (Certaines conventions collectives prévoient des congés d’allaitement, congés parentaux d’éducation, congés sans solde etc. Informez-vous.)

Dans ma pratique en France, comme le congé est d’une durée ridiculement courte (3 mois…), je rencontre beaucoup de mères qui frôlent la dépression postnatale par déracinement et déchirement. Quelle incongruité d’avoir porté un enfant, pour ensuite le donner à des étrangers lorsqu’il a à peine 3 mois… La bonne nouvelle, c’est que la mère qui allaite peut encore offrir avec fierté quelque chose d’unique et de spécial à son enfant: son extraordinaire et irremplaçable lait…!

Un lait unique toujours adapté et qui le protège de nombreuses maladies.

Le lait maternel ne devient de « l’eau blanche » au fur et à mesure que votre bébé grandit. Il restera un aliment unique, vivant et en constante adaptation à l’environnement et aux besoins de votre enfant. Il le protège, lui qui sera en contact avec d’autres bactéries et des virus à la crèche. Il favorise son développement optimal. Les laits commerciaux n’arriveront jamais à la cheville de votre lait!

Bébé moins malade, donc plus heureux.. Et moins d’absentéisme au travail.

Bébé se porte mieux grâce à l’allaitement et cela se répercute aussi sur le nombre de journées d’absence pour cause de maladie de votre enfant. Moins de perte de salaire et d’inconfort pour votre petit chérubin. Ceci est même un facteur à présenter dans les milieux de travail afin qu’ils soutiennent et encouragent l’allaitement auprès de leurs employées.

Des économies pour la famille!

Allaiter permet d’économiser une somme importante, qui autrement serait partie en fumée pour l’industrie du lait infantile, et ceci est un net avantage de l’allaitement, quoiqu’on en dise! Une économie d’environ 80 euros (120$) par mois, 900 euros (1400$) pour une année…!

D’autre part, un bébé en meilleure santé signifie moins de frais de médicaments, moins de consultations chez le médecin, etc. tout cela grâce à l’allaitement. Tirer votre lait au travail prend une toute autre envergure, n’est-ce pas?

Loi sur le travail en France: 2 fois 30 minutes de pause pour l’allaitement

Mesdames, faites bénéficier votre enfant de votre lait et usez de vos droits. La loi est claire en France: l’article L1225-30 du code du travail mentionne « Pendant une année à compter du jour de la naissance, la salariée allaitant son enfant dispose à cet effet d’une heure par jour durant les heures de travail. » Donc 30 minutes le matin et 30 minutes l’après-midi. Ce sont des pauses non rémunéres et déduites du temps de travail normal. Dans une entreprise de plus de 100 employés, l’entreprise peut être mise en demeure pour installer un local d’allaitement (des normes sont à respecter). S’il y a un local dédié à cela sur place, la pause de 30 minutes passe à 20 minutes.

Un bon tire-lait: la clé!

Idéalement, vous allez commencer à vous préparer à votre retour au travail 1 mois avant la date prévue. Le test du biberon peut se faire à partir de 2 mois. Évitez d’en donner régulièrement toutefois avant la reprise du travail. Certaines mères choisissent d’amorcer tout de suite la tasse à bec, et beaucoup de bébés réussissent à bien boire avec dès 3 mois. Certaines femmes auront commencé à tirer leur lait rapidement après la naissance du bébé, d’autres pas. L’exercice demande une certaine pratique, n’attendez tout de même pas la veille… Il est normal de n’avoir que quelques millilitres la première fois. C’est un apprentissage. Donnez vous le temps.

Dirigez vous vers un tire-lait professionnel. Certaines compagnies ont fait leurs preuves et sont spécialisées depuis des décennies dans le domaine, et ont du matériel professionnel et de calibre « hospitalier »; je pense à Spectra, Medela, Ameda. Ne vous contentez pas de ce que la pharmacie vous offre, car parfois ils offrent des tire-lait de mauvaise qualité et vous perdrez rapidement votre production lactée (je l’ai trop souvent vu en France…) Exigez la qualité et des marques de renom. Sinon, changez d’endroit pour louer/acheter votre tire-lait.

Au travail, veillez à tirer votre lait AU MOINS DEUX FOIS. L’illusion de laisser un stock se bâtir dans les seins pour en avoir plus au bout de 7h est une illusion. Tout le lait qui stagne envoie un message au cerveau pour réduire votre production. Évitez de passer plus de 4 heures sans tirer votre lait. Ceci peut vouloir dire de donner le sein juste avant de déposer le bébé à la garderie, de tirer le lait vers 10h et 14h, puis de redonner le sein lorsque vous arrivez à la crèche. Lorsque vous vous apprêtez à tirer votre lait, massez d’abord vos seins pendant 2 minutes, puis utilisez votre tire-lait pendant 15 minutes, la durée recommandée pour une séance. Le fait de toucher vos seins pendant la séance peut vous faire récolter plus de lait. Certaines mères regardent une photo du bébé, écoutent de la musique de relaxation ou un enregistrement des pleurs du bébé… Tout cela stimule le réflexe d’éjection du lait.

Allaitement partiel les jours de travail, allaitement complet lors des congés!

Il est possible que vous allaitiez partiellement la semaine, en tirant votre lait, mais que vous repreniez un allaitement complet lors de vos congés, pourquoi pas? Ceci permet d’augmenter la stimulation directe par le bébé et maintenir une bonne production de lait.

Si vous souhaitez une consultation en vue de votre retour au travail, ou pour relancer votre lactation lors de la reprise, contactez-moi. Cela peut aussi être une consultation à distance grâce à Skype et WhatsApp. isabelle.cloutier.ibclc@gmail.com +33 06.42.03.00.62

Références

La Leche League Feuillet AA-72 : Reprise du travail, poursuite de l’allaitement

La Leche League Feuillet AA-53 Tirer son lait

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« Je manque de lait… » Le point sur la question.

Par Isabelle Cloutier IBCLC, consultante en lactation Pour une consultation à domicile (Haute-Garonne, Ariège, Aude) ou à distance: isabelle.cloutier.ibclc@gmail.com
isabellecloutier.com

Beaucoup de mères doutent de leur capacité à allaiter leur enfant. Hélas, l’entourage n’aide pas non plus; des commentaires incessants de l’entourage face aux besoins et aux pleurs de l’enfant, en passant par le manque de conviction de la société face à l’allaitement, la cerise sur le gâteau est nulle autre que l’industrie elle-même des laits infantiles et du puissant lobby de lait de vache.

Si les femmes humaines n’avaient pas eu la capacité d’allaiter leurs enfants depuis l’âge des temps, nous ne serions pas là pour en parler! Dans sa caverne, Lucy ne doutait pas de sa capacité à nourrir ses enfants!

Quelques éléments à considérer

Laissez la montée de lait s’installer, faites beaucoup de peau à peau, donnez le sein aux signes d’éveil et de demande du nouveau-né, le colostrum est incomparable! Pour un premier bébé, la montée laiteuse se produit généralement le jour 3, parfois jour 4. Elle n’est pas toujours accompagnée d’engorgement d’ailleurs. On sent les seins en activité, une certaine chaleur et lourdeur. Même si vous n’avez pas donner le sein au début, cette montée de lait va se produire car elle est de nature purement hormonale (le départ du placenta l’enclenche).

Montée de lait retardée: certains facteurs peuvent créer cette situation, par exemple le diabète de type 1 (attention de bien contrôler la glycémie en postnatal), un accouchement par césarienne peuvent retarder la montée de lait à jour 5, ce qui peut nécessiter que vous deviez donner momentanément des compléments de lait artificiel au bébé.

Une perte de sang très importante pendant l’accouchement peut retarder la montée de lait sur une période variant de 2 à 4 semaines. Le corps doit refaire la réserve de sang, il y a aussi un impact de la perte de sang sur certaines glandes, ce qui explique que le corps retarde la montée laiteuse. Vous devrez alors vous armer de patience et maintenir votre motivation, par exemple en allaitant le bébé avec un dispositif d’aide à l’allaitement et en utilisant un tire-lait.

Perception de manque de lait: certains bébés peuvent pleurer plus que d’autres pour des raisons variées ou avoir un plus grand besoin de succion, donnant l’impression de toujours vouloir le sein ou le réconfort qu’il offre. Ceci n’est pas un manque de lait. La situation demande toutefois à être comprise. Le besoin de proximité n’exige pas que le bébé ait le sein dans la bouche en permanence. Le portage dans une écharpe ou l’emmaillotement du bébé peuvent l’aide à se sentir « tenu et contenu » comme dans l’utérus, et donc à le calmer. L’utilisation de la sucette est déconseillée le premier mois (et des biberons évidemment!), mais vous pouvez donner la jointure de votre index replié à téter pour voir si cela le calme. D’autre part, ce qui a mené à l’échec de l’allaitement pour bien des mères, c’est l’allaitement à heures fixes. À éviter. Il vaut mieux s’adapter aux besoins du bébé.

Manque de lait à cause de la succion inefficace du bébé: ceci est assez fréquent, pour des questions mécaniques ou à cause d’un accouchement difficile, un besoin d’être ventilé pour des problèmes respiratoires, etc. Un transfert insuffisant de lait peut survenir à cause du manque de mobilité de la langue (ankyloglossie, langue attachée), une mauvaise étanchéité de la prise du sein (lèvre supérieure attachée, et langue attachée), le bébé qui a parfois un faible réflexe de succion ou un manque de coordination lors de la tétée (il doit coordonner succion, respiration et déglutition de manière rythmique). Si le bébé ne vide pas bien vos seins ou ne les stimulent pas adéquatement, inévitablement votre production lactée va diminuer et le manque de lait va s’installer. Un bébé qui fait souvent des selles vertes indique qu’il a tendance à ne boire uniquement que le lait du réflexe d’éjection, plus riche en lactose et moins gras. Une consultante en lactation IBCLC peut détecter ces problématiques et vous guider vers les solutions appropriées.

Manque de lait pour des questions hormonales ou par manque de tissus mammaires: une insuffisance de lait bien réelle peut se produire par exemple si vous souffrez d’hypothyroïdie, si avez des ovaires polykystiques, ou un taux plus élevé de testostérone dans votre sang. Si vous avez du aller en fertilité pour concevoir votre enfant, cela peut donner parfois un indice de la raison d’un éventuel manque de lait. D’autre part, certaines femmes ont eu un développement mammaire insuffisant lors de l’adolescence, ce qui mène parfois à de l’hypoplasie mammaire, un manque de tissus glandulaires. Ce n’est pas la taille de la poitrine qui est reliée à la quantité de lait, mais bien le manque de tissus mammaire. Les seins sont alors tubulaires, sans trop de galbes extérieur et un grand espace entre les seins. Certains femmes peuvent quand même allaiter exclusivement leurs bébés en pareil cas. Encore une fois, une consultante en lactation IBCLC peut aider dans de telles situations à comprendre l’origine réelle du manque de lait.

Manque de lait à cause d’une chirurgie mammaire: autant une augmentation mammaire qu’une diminution peut avoir un impact sur la capacité d’allaiter par la suite. La restructuration d’un sein a toujours des impacts: canaux lactifères coupés, nerfs coupés, aréoles repositionnées, retrait de tissus mammaires, pression de implants sur certains canaux lactifères, etc. Cela ne signifie pas que vous ne pourrez pas allaiter, du moins partiellement. Les grossesses successives font en sorte que les canaux lactifères se reconstruisent, le tissu mammaire augmente à nouveau, etc. Allaiter partiellement avec des compléments donnés avec un dispositif d’aide à l’allaitement vaut mieux que ne pas allaiter du tout. Pour mettre toutes les chances de votre côté, consultez une IBCLC. Pour prendre rendrez-vous avec moi: isabelle.cloutier.ibclc@gmail.com ou composez le 06.42.03.00.62

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L’évaluation de l’ankyloglossie (langue attachée)

Ce matin, j’avais envie de vous partager des informations en ce qui concerne l’évaluation adéquate pour détecter l’ankyloglossie chez un bébé (phénomène de langue attachée, ou frein de langue restreignant la succion), de même que ce qui ne constitue PAS une évaluation professionnelle et digne de ce nom.

Ne soyez pas étonné de rencontrer des opinions contraires au sujet de la nécessité ou pas de faire la frénotomie (aussi appelée frénectomie). Certains ne comprennent pas à quel point la mobilité de la langue est cruciale pour une tétée optimale au sein… Les connaissances au sujet de l’ankyloglossie sont limitées et variables… Un 2e et 3e avis professionnel est parfois nécessaire… et il arrive souvent que l’on doive faire une frénotomie pour une 2e fois, car la première fois, cela a été insuffisant… Quelle galère…!

Trop souvent… bien trop souvent… les parents arrivent dans mon bureau pour me dire « Le frein a été évalué et on nous a dit que tout est beau… » alors que franchement, ce n’est pas le cas. C’est quoi au juste, évaluer un frein de langue… et la qualité de succion…?

D’entrée de jeu, si la personne qui « évalue » se contente uniquement de REGARDER, sans tenter d’élever la langue  au palais quand le bébé a la bouche ouverte, juste un simple regard… ça ne sert à RIEN. Au regard, seuls les freins attachés sur le bout de la langue peuvent être vus! Et c’est loin d’être uniquement ce type d’ankyloglossie seulement qui existe chez les bébés. Une évaluation adéquate signifie évaluer la succion, et ceci ne se fait qu’avec un doigt dans la bouche du bébé! L’élévation de la langue vers le palais est un autre élément important.

Pour bien évaluer, le professionnel passera aussi par cette étape de mettre son doigt dans la bouche et évaluer correctement ce qui se passe…. Par expérience, il m’est arrivé de soutenir des mères sur Skype et de leur expliquer comment mettre leurs doigts sous la langue du bébé pour me permettre de voir l’élévation de la langue, avec le bébé qui se retrouve alors la bouche ouverte. Je donne en référence l’outil Hazelbaker qui est un bon point de départ pour évaluer la succion du bébé et dépister les problématiques.

Il doit aussi observer une tétée, pour évaluer la qualité de celle-ci et voir le comportement du bébé au sein… détecter les bruits de succion, de même que les joues qui peuvent se creuser légèrement quand la succion n’est pas optimale.

D’autre part, prendre notre que cela est moins connu mais le frein de la lèvre supérieur doit aussi présenter une bonne mobilité sinon la succion au sein est compromise. Il arrive donc fréquemment que l’on procède à une frénotomie pour libérer la lèvre supérieure. Si votre bébé bouge beaucoup la lèvre supérieure pendant la tétée, qu’il a de la difficulté à ressortir sa lèvre vers l’extérieur ou qu’il présente une ampoule sur la lèvre supérieure… c’est le signe que le frein de lèvre est aussi trop serré et ne permet pas à la lèvre de sceller l’étanchéité au sein.

Bref… voilà mon message d’aujourd’hui… Je suis habituée à recevoir des parents qui se sont faire dire  « le frein est ok »… J’évalue toujours moi-même à nouveau. Il arrive aussi que des parents que j’ai reçus en consultation et pour lesquels on avait planifié une frénotomie car elle est nécessaire, vont ensuite voir un médecin ou autre professionnel qui vient défaire mon évaluation sans avoir beaucoup d’outils et d’informations pour bien l’évaluer… Cela ne m’impressionne guère, toutefois je comprends que les parents deviennent confus et s’en remettent parfois au médecin. Eh bien, si la mère continue d’expérimenter des problèmes d’allaitement, elle consultera à nouveau pour un 3e avis, c’est tout! N’acceptez pas vos douleurs et problèmes d’allaitement avec fatalité. Consultez à nouveau!

N’acceptez JAMAIS une pseudo évaluation incomplète du frein de langue et de lèvre de votre bébé, que ce soit par une IBCLC ou un médecin…, et n’acceptez JAMAIS que l’on vous dise que « tout est beau » si vous avez mal lors des tétées…, ou si le gain de poids est insuffisant, etc.

Si votre bébé a de la difficulté à ouvrir la bouche, consultez un ostéopathe ou un chiropracticien spécialisé en allaitement pour un traitement (beaucoup de nerfs peuvent être coincés et ces thérapies aident beaucoup), et faites évaluer le frein de langue par des personnes compétentes…

Bien souvent c’est la succion du bébé et la mise au sein qui seront en cause dans la plupart des problématiques d’allaitement, pas votre production lactée… Mais il est bien au départ de consulter une personne compétente pour évaluer l’allaitement en général, ainsi que le frein de langue et de lèvre de votre bébé!

Isabelle Cloutier IBCLC, consultante en lactation diplômée

 

Quelques liens informatifs

Frein de lèvre supérieure, frein de langue: parfois un frein à l’allaitement

Impact de l’ankyloglossie sur l’allaitement – Dre Elizabeth Corrylos

Protocole clinique no.11 Évaluation et prise en charge de l’ankyloglossie, de l’Academy of Breastfeeding Medecine

Société Canadienne de Pédiatrie « L’ankyloglossie et l’allaitement »

Quelques vidéos de frénotomies:

 

 

 

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Ahhh, ce sommeil du bébé…

La question est complexe… et simple à la fois. Tout passe par une réelle compréhension des caractéristiques du sommeil du nourrisson par les adultes que sont ses parents.

Bouteille de Laudanum, un sédatif liquide contenant de l'alcool et de l'opium
Ça risque de vous choquer de l’apprendre… Mais au début du siècle… ceci était cautionné par la médecine du temps… et était utilisé pour « faire dormir » les bébés et les enfants… Il s’agit d’une bouteille de Laudanum, un sédatif antalgique contenant de l’alcool et de… l’opium (!!!).  Le pavot était utilisé depuis plus de 3000 ans déjà pour calmer les poussées dentaires, la diarrhée, et faire dormir les enfants. Évidemment, il  avait des décès causés par la substance… Aussi, beaucoup de gens ont entendu ces histoires à dormir debout d’une autre époque où des alcools forts étaient donnés aux bébés pour les faire dormir… Le besoin de sommeil semble parfois rendre fou…

Oui, le sommeil des nouveaux parents est souvent entrecoupé… Ainsi va la vie, on peut aménager certaines choses pour favoriser le sommeil, mais les parents n’ont pas vraiment d’autres choix que d’accepter ce que l’on ne peut pas nécessairement changer, surtout dans le cas d’un très jeune bébé. Le nourrisson a besoin de proximité… de se rassurer car il est dans un tout nouvel environnement… il a besoin de téter… Il a beaucoup de sommeil « léger-agité » dans la totalité de son sommeil… Un vêtement porté par la mère va souvent le rassurer, la proximité avec ses parents… le peau à peau. Ce que j’appelle le « comité d’accueil ». Voir les liens à la fin de cet article.

Au début du siècle, alors que les médecins commençaient à découvrir et prescrire l’utilisation de certaines drogues telles que l’opium et la cocaïne (oui oui, vous avez bien lu!), l’aberration allait jusqu’à donner des sirops composés d’opium aux bébés pour les faire dormir et soulager les poussées dentaires! Avec les effets mortels qui survenaient aussi. Ceci nous paraît incroyable de nos jours… mais pourtant cette époque a existé…

Il faut donc se méfier des recettes qui circulent pour « faire dormir bébé » coûte que coûte et des méthodes de « dressage au sommeil » qui traitent parfois l’enfant comme une « bête à dompter » puisqu’il ne fait pas complètement ses nuits ou ses siestes. Amener le bébé « de force » vers le sommeil en laissant pleurer longtemps et ne pas répondre à sa demande peut souvent induire un comportement anxieux et des peurs plus tard chez l’enfant, et la nécessité d’avoir recours à de la médication même, ce qui n’est donc pas une solution… Le bébé finit pas cesser de pleurer car il perd confiance et se sent abandonné, son comportement biologique de mammifère lui dicte de cesser de pleurer pour ne pas attirer de prédateurs vers lui puisqu’il n’est pas dans les bras de ses parents. Ceci dit, on peut favoriser le sommeil de l’enfant par des moyens respectueux de la nature humaine et notre biologie.  Vous verrez dans les liens référencés que tout est une question d’adaptation et de maturation de son système nerveux, notamment. Les rythmes finissent pas s’instaurer avec l’attention des parents, mais bien après les premiers mois de vie en général, et sans laisser le bébé s’époumoner… Le bébé ne se rend compte que vers 6-8 semaines des rythmes jour/nuit.

Rythmes spéciaux de sommeil pour la mère qui allaite

D’autres parts, pour la mère, les dernières semaines de grossesse sont une excellente pratique en matière de sommeil entrecoupé, car son sommeil est grandement altéré (position inconfortable si maintenue trop longtemps, vessie pleine, etc.). Ceci prépare à l’arrivée du bébé. Fait intéressant, le sommeil des mères qui allaitent a abondamment été étudié par  le Dr James McKenna, et le cerveau de la mère se synchronise sur celui du bébé grâce aux hormones de l’allaitement, et elle peut replonger dans un sommeil profond quasi instantanément après un réveil! Seule la mère qui allaite peut vivre cette caractéristique du sommeil. Cependant, il faut penser à aménager ce qui peut l’être.

Chers parents…: siestes dans la journée – un incontournable

Normalement, les siestes faites par la femme alors qu’elle est enceinte, devraient se poursuivre après la naissance du bébé. Beaucoup d’écrits ont été rédigés sur les bienfaits des « power naps » (siestes énergisantes), qui se résument à être des siestes de 10-20 minutes environ et qui offrent de grands bienfaits réparateurs lorsque l’on manque de sommeil. (On nous met toutefois en garde de ne PAS dépasser 30 minutes sous peine de se sentir désorientés et plus endormis qu’avant la sieste (ça nous est tous déjà arrivés, oui!), ce qui peut également altérer le sommeil de la nuit. En passant, on peut faire plus qu’une sieste énergisante dans la journée, voire deux ou trois, et il existe même des applications pour ordinateurs et téléphones portables pour vous aider à gérer vos siestes énergisantes! Voir aussi le dossier « sieste » sur le site de Passeport Santé).  Certaines femmes me disent avoir de la difficulté à faire la sieste. Évidemment, cela demande la capacité de s’arrêter, de lâcher prise sur le désir d’avoir la maison impeccable à tout moment…et votre souhait de faire toutes les tâches de la « liste » avant la fin de la journée. C’est à vous de lâcher prise avec sagesse sur ce qui est superficiel dans votre journée de nouvelle mère afin de donner de l’importance à votre santé, à ce qui compte réellement et qui est vraiment plus important que de passer le balai ou plier les vêtements de la dernière lessive. Soyez indulgente et bonne envers vous-même… et pensez à vous accorder ce temps de repos. Certaines femmes qui s’endorment moins facilement vont écouter de la musique de relaxation pour favoriser l’endormissement, ou bien vont prendre des respirations profondes tout en se concentrant sur les battements du cœur, etc.

Déjà, pensez peu à peu à amener le bébé dans sa chambre pour le moment des siestes, il s’habituera graduellement. Le bébé peut aussi commencer sa nujit dans son lit, et finir la nuit dans votre chambre. Les bébés enchaînent souvent leurs premières nuits vers 6 mois (6 heures d’affilée est une nuit de bébé)

À chaque moment de vie, et à chaque être, son sommeil et sa sieste!

Isabelle Cloutier IBCLC, consultante en lactation diplômée.

Sources:
Cet article ne remplace pas une consultation médicale.  Si vous avez des doutes au sujet de votre santé ou celle de votre enfant, consultez.